MISSION NOTRE-DAME-DE-LORETTE

L'abbé Prosper Vincent


L'abbé Prosper Vincent est né le 7 août 1842 à la Jeune-Lorette. Il est le fils de Philippe Vincent, chef de la communauté huronne t commerant de raquettes de la Jeune-Lorette, et d'Henriette Romain. Il poursuit ses études au Petit Séminaire et au Grand Séinaire de Quéec et est ordonné par Mgr Laflèche le 2 octobre 1870. Il est aussi appelé Sawatanin, qui signifie :

À l'homme du souvenir, il est le premier huron ordonné prêtre. Prosper Vincent occupe la charge de vicaire, d'assistant ou de prêtre de plusieurs paroisses, entrecoupée de périodes de repos en raison d'une santé fragile. Il est aussi vicaire de Sainte-Catherine de 1870 à 1871, de Saint Colomb de Sillery de 1871 à 1873, puis curé de Valcartier de 1873 à 1875, et à nouveau vicaire, cette fois-ci à Cap-Saint-Ignace de 1875 à 1877. De 1882 à 1892, il devient assistant à l'ïle-du-Grand-Calumet et de 1894 à 1897, à Saint-Damien-de-Buckland. Il est ensuite le vicaire de Saint-Anselme, de 1897 à 1900. Il se retire alors à Lévis, à l'Hospice Saint-Joseph de la délivrance des sÏurs grises de la Charité. Il décde le 7 janvier 1915 à Québec.

La foi de madame Aline Vincent Berry envers l'abbé Prosper Vincent nous donne l'occasion de célébrer le 100e anniversaire de son décès. C'est à la fois un hommage à notre ancètre et un repère pour les générations futures, car l'histoire de nos ancètres est le premier chapitre de la nôtre. Nous profitons de l'occasion pour faire connaître les faits marquants du Révérend Prosper Vincent Sawatanin, dont, nous venons de le rappeler, signifie, À l'homme du souvenir.

À La contribution majeure de l'Abbé Vincent, estime Marguerite Vincent, reste sérement l'ensemble des enregistrements des pices musicales huronnes qu'il enregistra en 1911-1912, à la demande de Marius Barbeau ( É) alors qu'il était malade à l'hospice de Lévis À (cf. Vincent 1984 :420). Si Marius Barbeau enregistre des chants interprétés par quelques autres habitants de Lorette, Prosper Vincent est, selon l'abbé Lindsay, À le seul peut-être qui possède exactement le souvenir de ces airs là. Prosper Vincent préserva le précieux héritage que lui avait laissé ses anctres dont Zacharie Vincent et le transmit à ses descendants. Il chérissait ce souvenir comme ce qu'il y avait de plus précieux. Franois Vincent et moi avons enregistré ces chants à Radio Canada dans les années 80.

Prosper est l'expression de ce que nous sommes. Si nous enlevons les chants hurons de notre histoire vous allez enlever une bonne partie de l'âme de la Nation.

Après l'incendie de la chapelle huronne certaines membres de la famille de Prosper Vincent apportrent leur contribution financire à celle du gouvernement pour compléter le projet de reconstruction de la Chapelle. Si Prosper Vincent se positionnait clairement entre nostalgie et société blanche, voire entre tradition et modernité, il avait conservé un certain respect de la part des Hurons pour avoir atteint les hautes sphères de la religion catholique. Pour ceux qui étaient convertis, majoritaires parmi les Hurons, cela symbolisait une réussite sociale sans précédent. Écouté et respecté, le prètre demeurait un personnage important dans sa communauté comme le démontre cette lettre de son ami et notaire Paul Picard : le fils du chef Franois-Xavier Picard proposait à Prosper Vincent de fêter son vingt-cinquime anniversaire d'accession à la prêtrise à Lorette car il symbolisait beaucoup de choses pour ses pairs. CF. : Texte écrit par : Claude Vincent

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